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  • Photo du rédacteurNoah Montski

Sur les émeutes en France

Dernière mise à jour : 9 juil. 2023

Les émeutes récentes qui ont eu lieu en France démontrent à mon avis que petit à petit nous nous approchons du « reset », ce chaos refondateur où le capital est détruit et qui remet les inégalités à un niveau acceptable pour qu’il soit possible de « faire société ».

Ce qui est absurde est que le chaos à venir ne va rien redistribuer, il ne va pas enrichir les pauvres en redistribuant le capital des riches. Il va principalement *détruire* du capital, aveuglement, et ce faisant il va appauvrir absolument tout le monde mais à des degrés relatifs divers : les riches (beaucoup, car ils ont beaucoup) et les pauvres (moins, car ils ont peu).

Et donc à l’issue de cette destruction massive nous serons tous appauvris. Cependant nous pourrons de nouveau vivre ensemble car le niveau d’inégalité sera redevenu « acceptable ». Nous pourrons « refaire société ». Mais attention, le chemin vers cette acceptabilité sera en fait double : d’un côté il y aura effectivement réduction des inégalités, puisque globalement les riches auront perdu plus que les pauvres. Mais de l’autre l’angoisse générée par le chaos et l’anarchie aura comme conséquence une augmentation du niveau d’acceptabilités de ces inégalités. Tout comme aux bons vieux temps féodaux, les gueux se soumettront au comportement révoltant du seigneur local car (1) il faut mourir de faim pour trouver la rage désespérée d’affronter une junte mieux armée et mieux entrainée et (2) c’est bien la dites armée qui protège les paysans contre les bandes armées qui parcourent un pays en proie à l’anarchie.


Cela rappelle Malthus qui expliquait que les pauvres devaient remercier les riches propriétaires car leur intérêt égoïste permettait d’entretenir les biens qu’ils possédaient, tandis que les biens communs étaient impitoyablement pillés. Selon lui c’est grâce aux riches que les pauvres ont un travail.


Margareth Thatcher disait « There is no alternative ». C’est bien le dilemme des pauvres : accepter les inégalités engendrées par l’ordre capitalistique, ou préférer l’anarchisme égalitaire dans le chaos.


Mais fondamentalement la « cause racine » est bien toujours la sur-rémunération du capital, qui est un poison insidieux de nos sociétés. Doucement, subrepticement, à l’insu de tous, il corrompt le vivre-ensemble en faisant remonter un petit peu plus que la richesse créée collectivement vers les plus riches. C’est insidieux, ce n’est jamais grand-chose, c’est toujours indolore année après année, quelques pourcents de plus que la richesse créée. Mais vingt ans après l’impact est là, entre certains citoyens plus malins (ou mieux nés) tirant leur épingle du jeu tandis que celui qui ne détient pas de capital se voit, en relatif, appauvrit par cette petite sur-ponction sur son travail.


Ce dernier ne voit pas qu’il est en fait plus riche que ces aïeux, qu’il vit plus longtemps, en meilleure santé. Tout ce qu’il voit est sa relative pauvreté par rapport aux premiers de cordée. Que faut-il réellement au citoyen lambda pour être heureux ? Préfère-t-il un écran plat de 1m de diagonale, ou préfère-t-il un écran plat plus petit, à condition qu’il soit plus grand que celui de son voisin ?


Dans ce monde de plus en plus en tension, de plus en plus inflammable, un événement dramatique mais ponctuel suffit à déclencher les émeutes. Rapidement l’intérêt purement égoïste de récupérer quelques paires de Nike et autre téléphone à Pomme a transformé les émeutes en pillage. On dit que 100 000 « jeunes » ont participés, tandis que 50 000 policiers ont essayé de les en empêcher. Cela fait beaucoup, beaucoup de monde.


« There is no alternative ». Il n’y aurait donc pas d’alternative à ce cycle vicieux de création de richesse au prix d’inégalités croissantes, dont la seule issue sera une explosion, suivi d’une période d’anarchie, puis une dictature ? Il n’y aurait pas d’alternative entre un Ordre entrainant inégalités et frustrations, et une Anarchie ou tout le monde est égal dans le malheur ?


Et bien j’en propose une, d’alternative : le Dividende Démocratique, un dividende redistribué à tous à part égal, calculé automatiquement d’après la création globale de richesse, annulant le déséquilibre inhérent du capitalisme en rétablissant la Règle d’Or de l’Economie, et ce sans céder au misérabilisme d’une redistribution Etatique inefficace, démagogique, castratrice.


Pour finir ce post je voudrais donner un dernier angle : à aucun moment ces casseurs n’ont eu l’impression de détruire quelque chose qui leur appartenait. Eux-mêmes se considèrent comme ne faisant pas partie de la société commune. Un bien collectif comme un abribus ne leur appartient pas, le détruire ne les touche en rien. C’est un problème de fond qu’on ne réglera pas en leur donnant le RSA qui ne peut qu’augmenter leur rage et leur frustration de n’être pas capable de subvenir eux-mêmes à leurs propres besoins. Ce n’est pas un problème de pauvreté, c’est un problème de sentiment de non-appartenance à la société, c’est un problème de honte de soi-même. C’est cela qu’il faut changer. A son échelle le Dividende Démocratique contribue un peu à rappeler à ces jeunes « cet abribus est autant à toi qu’à moi, et quand tu le détruis tu détruis autant pour toi même que pour moi ».



Noah Montski

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